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Trois générations de savoir-faire en Italie

Étoffes italiennes

Gert Motmans, créateur de la ligne Scapa Originals, s’est rendu à Côme, en Italie, pour y découvrir l'art de la fabriquer des tissus exclusifs de sa prochaine collection.

Des carrés de tissu sont éparpillés sur la table: des motifs géométriques simples sur du chiffon pur, des fleurs somptueuses sur du velours brillant et de la soie scintillante. Gert Motmans, le créateur de mode, caresse les étoffes, les fait glisser entre ses doigts et exprime son approbation par des hochements de tête satisfaits. Il est heureux de ce qu’il a sous les yeux... Il s’agit des tissus qu’il a sélectionnés pour sa collection Automne-Hiver 2017. Cette nouvelle collection ne sera pas dans les magasins avant un an, mais il met actuellement la dernière main aux finitions des modèles. Son agenda explose, mais il a pourtant réservé sa journée pour rendre visite à l’usine en Italie.

"L’APPROCHE DE SCAPA EST ARTISANALE, COMME CELLE DE BINDA"

DES ANNÉES D’EXPERTISE ET LE SOIN DU DÉTAIL

G. Binda Company produit du textile de luxe pour le monde de la mode depuis 1945. La troisième génération de la famille Binda fabrique des étoffes exclusives et contemporaines pour les couturiers et les marques vestimentaires les plus recherchées dans le monde. Ils sont spécialisés dans les tissus imprimés, fabriqués dans le respect de la tradition et l’amour de la qualité. Pour Gert, ce sont ces années d’expertise et ce soin du détail qui rendent les étoffes exceptionnelles. “Pour moi, qui suis créateur, c’est un privilège rare et précieux de pouvoir collaborer avec des personnes qui mettent un tel niveau de savoir-faire dans leurs tissus et matières”, nous dit-il.

COLLABORATION ÉTROITE ET CONNEXION PROFONDE

Le lien qui unit Scapa et Binda est bien plus qu’une relation entre client et fournisseur. Il s’agit d’une collaboration étroite, qui remonte à plus de vingt ans. Chaque saison, Binda crée des étoffes exclusives sur base des projets originaux de Scapa. Ceux-ci sont ensuite traduits en une série de vêtements élégants portant la signature du style Scapa.

“Scapa est l’un de nos clients les plus importants”, explique Michele Binda, petit-fils du fondateur de l’entreprise. Avec son frère Giovanni, il gère toutes les relations internantionales de la firme. “Nous avons une relation forte avec Scapa. Nous leur offrons une forme de priorité dans tous les départements de notre entreprise, de l'instant où nous formulons une proposition jusqu’à la livraison du produit fini.”

LA PHASE DE CRÉATION

Le processus collaboratif prend forme au sein de l’équipe créative de Binda. “Nous nous inspirons de nos archives, des tendances annoncées pour la saison et de ce qui, dans notre esprit, pourrait plaire au consommateur et au marché”, nous apprend Michele. Les vastes archives d’étoffes signées Binda remontent aux années ’50. Et c’est bien ce qui confère sa position unique à la société dans l’industrie du tissu. “Soit nous créons nos modèles ici, soit nous confions la création à des tiers”, dit Michele. “Tout est principalement peint ou réalisé à la main. C’est ce qui nous différencie des autres produits présents sur le marché aujourd’hui, et c’est ce que nous réalisons pour Scapa. Ils préconisent, comme nous, une approche artisanale.”

COUP D’OEIL EN COULISSES

Après la sélection des tissus pour la collection Automne-Hiver 2017, Michele entraîne Gert dans la visite de l’usine Binda. C’est la première fois que le créateur de Scapa se rend réellement dans les coulisses de l’usine et découvre de ses yeux le déroulement de la production. Avant d'entrer dans l’usine, il s’émerveille devant les milliers d’immenses cadres métalliques, soigneusement empilés sur des doubles étagères à l’extérieur du bâtiment. La plupart des tissus Binda sont imprimés au cadre, par un procédé traditionnel de sérigraphie, qui exige l’application séparée de chaque couleur pour chaque tissu. Les motifs les plus sophistiqués peuvent ainsi compter plus de dix couleurs imprimées séparément.

LA SÉRIGRAPHIE TRADITIONNELLE

Arrivés dans l’usine, Michele dévoile à son visiteur les secrets de la méthode de sérigraphie. Des collaborateurs expérimentés placent prudemment un immense cadre en métal au-dessus d’un métrage de tissu déroulé sur la table. Quand le cadre de sérigraphie remonte, on constate qu'une nouvelle couleur s'est ajoutée au dessin, là où des ouvertures se dessinaient dans la plaque. Chaque impression doit être exécutée avec la plus grande précision. Même lorsqu'une partie du procédé est automatisée, il faut des professionnels expérimentés pour surveiller les machines et le résultat. Il n’y a aucune place à l’erreur, particulièrement lorsqu' il s’agit de motifs cachemire compliqués ou d’imprimés persans. Binda est l'une des rares entreprises à perpétuer la production de ces motifs paisley qui exigent tellement plus de temps et de travail.

La raison d'être de Binda est de produire du beau, pas du bon marché.

NE RIEN LAISSER AU HASARD

C’est le remue-ménage jusque dans les moindres recoins de l’usine. Des étoffes sont imprimées, lavées, finalisées. Il règne une incroyable effervescence et le bruit est assourdissant. Sur une longue bobine, deux hommes placent une soie destinée à des foulards, et qui vient d'être imprimée. Ils ajoutent une feuille de papier de soie pour éviter les éventuelles traces d’encre. Un peu plus loin, un tissu aux motifs géométriques est glissé dans une machine gigantesque qui fixe l’encre à la vapeur. À l’autre bout de l’usine, l’encre est mélangée à la main, sur une balance à l’ancienne. Dès que la couleur souhaitée est obtenue, sa formule est enregistrée dans l’ordinateur. Chaque bain de couleur est également contrôlé manuellement.

Binda est l'une des rares entreprises qui utilisent aujourd’hui encore la corrosione, ou la technique de corrosion. Il s’agit d’un procédé à la fois sopistiqué et très compliqué, car la couleur définitive n’est perceptible qu’une fois le tissu fixé à la vapeur, après la sérigraphie. Michele montre à Gert un échantillon de coton bleu marine présentant un splendide motif cachemire, imprimé selon ce procédé, seule manière d’obtenir un résultat aussi richement détaillé… Giovanni, le frère de Michele, supervise la production. Il est constamment en mouvement, donnant un coup de main ici et là. Il se tourne vers Michele et lui demande son avis à propos d'un souci de production rencontré ce jour-là. Le feu de la discussion est accentué par leur vivacité très italienne. Michele répond rapidement à un coup de fil et nous continuons notre visite.

PLUS RAPIDE ET MOINS CHER

D’autres machines ronronnent. On dirait des imprimantes à jet d’encre géantes desquelles jaillissent des tissus imprimés en digital. On comprend aisément la popularité actuelle de l’impression digitale: les machines sont moins encombrantes, ne nécessitent quasiment aucune intervention humaine et peuvent imprimer pratiquement toutes les couleurs en même temps. Le procédé est plusrapide, il est également moins coûteux. Michele nous explique que la plupart des fabricants de textiles produisent aujourd’hui 70% de leurs tissus en impression digitale et seulement 30% en sérigraphie. Chez Binda, c’est l’inverse: 70% de leur production est réalisée en sérigraphie contre 30% en digital. Les imprimantes digitales sont utilisées pour certains dessins bien particuliers, comme celui qui illustre un motif à effet ‘peinture à l’eau’, irréalisable en sérigraphie.

PASSION ET QUALITÉ

Michele regrette la baisse des normes de qualité standard dans l’industrie du textile. “Tout le monde veut du meilleur marché, des produits moins chers, des tissus moins chers, la qualité la moins chère… Et tout s’en ressent”, déplore-t-il. “C’est flagrant chez certaines marques. Il faut toujours faire moins cher, moins cher, moins cher. Mais au bout d'un moment, on leur dit ‘désolés’. On ne peut pas avoir une Ferrari pour le prix d’une Fiat.” Il rit.

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